Les Coopératives: Une alternative économique pour l’après COVID-19, un outil aux mains des citoyens, des entreprises résilientes

Avec le covid et la crise économique qui pointe à l’horizon, de nombreux questionnements s’élèvent par rapport à notre modèle économique.  Attend-on du monde politique et du monde des affaires qu’ils réinventent notre économie, la rendent moins dépendante des marchés financiers et internationaux et la réorientent vers l’humain ? Comment les coopératives peuvent-elles participer à réinventer l’économie ?

Depuis toujours, les coopératives ont constitué un outil aux mains des citoyens pour infléchir l’économie et le social dans le sens de leurs aspirations.

Or, on constate qu’à ce jour une grande partie de notre économie a pour moteur la réalisation de profits à distribuer à des actionnaires.  Dans ce cadre, des biens et des services sont vendus à des clients, mais une telle offre de produits et de services n’est organisée que parce qu’elle permet au final de  distribuer des dividendes à des actionnaires. Ainsi,  une grande partie de notre économie est conditionnée, non pas par le fait qu’elle réponde aux besoins des gens, mais par la possibilité de faire des profits pour des investisseurs.

Les coopératives sont issues d’une approche radicalement différente. En effet, leur nature fondamentale est de piloter des entreprises qui répondent au mieux aux besoins et aspirations de leurs coopérateurs.  Ces besoins peuvent être d’ordre quantitatif, comme par exemple le besoin d’une offre suffisante des masques sanitaires, ou d’ordre qualitatif, telle que l’envie d’avoir dans son quartier une offre alimentaire dont les coopérateurs-clients maitrisent les conditions de production…. Grâce aux coopératives, des citoyens peuvent ensemble, selon leur volonté, créer le magasin ou le service dont ils veulent être clients, décider de la mission de cette entreprise, contrôler ensemble les conditions  de production ou d’emploi,  garder la richesse produite dans l’entreprise,  s’assurer que la société ne sera jamais vendue,  etc.  Les coopératives sont un puissant outil de démocratie économique aux mains des citoyens. 

Par nature ancrées dans l’ « économie réelle », dans l’économie des besoins, il n’est pas étonnant que les coopératives soient des entreprises qui appartiennent et soient contrôlées par leurs clients (les « coopérateurs »), et non à des investisseurs, comme pour les autres sociétés.  De la même manière, les grandes orientations des coopératives ne sont pas décidées par les personnes qui ont apporté le plus de capital dans la coopérative, mais bien de manière démocratique, par l’ensemble des coopérateurs. Les coopératives sont des organisations intrinsèquement égalitaires.

Par la force des choses, les coopératives sont également ancrées dans la communauté et comptent souvent un grand nombre de coopérateurs. En effet, elles doivent rassembler suffisamment de personnes ayant un besoin ou des aspirations communes, afin d’avoir un capital et une clientèle suffisants.  Si cela n’empêche pas le recours à des financements complémentaires, l’enthousiasme de la communauté pour le projet coopératif montre qu’il répond bien à des besoins de cette communauté, conditionnant et justifiant son existence.

Mais il y a mieux ! Des études ont démontré que les coopératives se sont révélées être de entreprises plus stables et résilientes que les entreprises possédées par des investisseurs, et ont une capacité particulière à se maintenir face aux crises  (guerres mondiales, Krach boursier de 1929 et Grande dépression, crises financières du 21me siècle…). Et c’est en particulier cet ancrage dans l’ « économie réelle » qui les rend si fortes !

 

Que retenir ? A l’heure des questionnements sur la responsabilité de notre modèle économique dans la crise, les coopératives constituent incontestablement un outil démocratique aux mains des citoyens pour remettre l’économie au service des besoins de tous !

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