Sommet International des Coopératives: le pouvoir d’agir

13/10/2016

Du 11 au 13 octobre a eu lieu à Québec le troisième Sommet international des coopératives. Avec plus de 3.000 participants de 90 pays, c’est le plus grand événement au monde pour et concernant le développement coopératif. Ce Sommet veut non seulement démontrer que les coopératives offrent une réponse aux principaux problèmes socio-économiques de notre époque, mais surtout qu’elles sont une source d’inspiration pour les réalisations sur le terrain.

Key note speakers

Les participants ont eu le bonheur de pouvoir écouter de très grands conférenciers, comme le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz (« une économie qui défend les intérêts d’1 % de la population est une économie en échec ») ou Robert Reich, ancien secrétaire d’État au Travail sous Clinton (« L’élite devient de plus en plus riche, acquiert toujours plus de pouvoir, recherche davantage de monopoles, ce qui est une mauvaise nouvelle pour le consommateur. Seules les coopératives peuvent inverser la tendance. »)

Ou encore Jeremy Rifkin, inventeur du terme « Troisième révolution industrielle », expliquant que le système capitaliste vit ses dernières heures et qu’une nouvelle ère va s’ouvrir. Il est convaincu qu’en raison des développements technologiques rapides, pratiquement tous les produits pourront bientôt être fabriqués à un coût quasiment nul, ce qui aura des conséquences énormes pour l’économie. Les citoyens pourront partager de l’énergie via un « internet énergétique », comme nous le faisons déjà avec Wikipedia pour le partage du savoir. Les coopératives et leurs membres devront faire la différence, selon lui. « Le milliard actuel d’associés coopératifs pourra créer une nouvelle aube économique. »

Grands problèmes mondiaux

Après les thèmes « Le pouvoir des coopératives » (2012) et « La capacité d’innovation des coopératives » (2014), le Sommet s’articulait cette fois autour du thème « Le pouvoir d’agir des coopératives ». Ou : la capacité des coopératives à formuler, aux niveaux local, national et international, une réponse aux grands problèmes mondiaux, tels qu’ils ont été définis par les Nations Unies. Il s’agit des « Sustainable Development Goals » ; 17 objectifs que le monde se fixe en faveur du développement durable pour 2030.

Voie belge

La présidente de Febecoop, Hilde Vernaillen, a également pris la parole. Depuis le premier Sommet, en 2012, elle a vu le mouvement coopératif parcourir un long chemin en Belgique dans le cadre de ces objectifs des Nations Unies. Notamment grâce aux coopératives citoyennes dans le domaine de l’énergie renouvelable et les relations de travail alternatives dans les coopératives de travailleurs. La perspective d’une législation belge en faveur de coopératives basées sur les valeurs défendues par l’ACI lui fait également envisager l’avenir avec beaucoup d’optimisme.