Ensemble, les freelances renforcent leur capacité d’action sur le marché

« Ces temps malheureux appellent l’adoption de plans qui construisent à partir de la base, et non du sommet, qui placent à nouveau leur foi dans l’homme oublié tout en bas de la pyramide économique. »

Ces paroles pleines de sagesse prononcées par Franklin Roosevelt à une époque où les présidents américains ne tenaient pas des propos de comptoir incendiaires, pourraient s’appliquer aujourd’hui aux multiples initiatives entreprises pour renforcer le régiment de freelances qui investit de plus en plus l’économie collaborative. C’est la coopérative dans sa forme la plus pure : regrouper des gens pour renforcer leur capacité d’action sur le marché. Ou comme l’a bien résumé un freelance : « I am a freelancer, but that does not mean I will work for free”. Les 10 euros nets que certains freelances retirent au final d’une heure de travail ressemblent en effet plus à du travail gratuit qu’à un revenu équitable. Mais un autre modèle est donc possible.

loconomicsUn des nombreux exemples remarquables à la conférence est celui de Loconomics.

Keep it simple. C’est le leitmotiv de cette plateforme internet de San Francisco qui rassemble l’offre et la demande de travail freelance. Les freelances paient la somme mensuelle de 29,95 dollars pour utiliser la plateforme. Et c’est tout ! Loconomics se targue ainsi d’exclure les intermédiaires qui, en tant que propriétaires des plateformes, font fortune sur le dos des freelances.

Loconomics tente d’alléger au maximum la tâche de ses propriétaires, appelés « local service professionals », en leur proposant les outils TIC nécessaires, un marché et surtout une communauté. La plateforme rechigne en effet à utiliser le mot « client ». Plutôt que vendre pour vendre, elle entend proposer des produits et services qui ont du sens, notamment aux familles et aux seniors. Mais on peut aussi s’adresser à elle pour l’animation de fêtes de famille, par exemple.

Cette coopérative est détenue à 100 % par ses employés et a ancré durablement une série de principes coopératifs dans ses statuts. Les propriétaires ont ainsi une voix équivalente à l’assemblée générale et ils peuvent élire leurs administrateurs ou se porter candidat. Le principe d’intendance est également observé : les associés actuels ont reçu la coopérative en prêt de la part des générations futures, ce qui signifie qu’ils ne peuvent jamais retirer de leur coopérative le patrimoine propre qu’ils ont accumulé.

Les bénéfices sont réinvestis dans la coopérative. Au final, une coopérative plus forte bénéficie aux freelances et aux utilisateurs de la coopérative. Les uns obtiennent un revenu équitable et les autres des services de qualité. Pas besoin de chercher plus loin que ça.

Peter Bosmans

Publié 12 novembre 2016

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